Publié par : PM | février 3, 2009

LE COMBAT DE L’APÔTRE


Saint Paul

Le combat de l’apôtre, c’est d’abord le combat de l’immolation avec le Christ. Grand combat où l’apôtre doit chaque jour « perdre sa vie » pour sauver celle de ses frères » 1 Co 15,31.  Nous savons que dans le combat de la prière, quelle « dure bataille » Col 2,1 il a menée continuellement. L’apôtre Paul envoyé à tous les hommes pour leur salut, et responsable devant Dieu, de ce salut de ses frères, il faut qu’il remplisse sa mission.  Annoncer Jésus Christ, c’est bien le tout du combat de l’Apôtre, ce combat qui n’obtient « la victoire » 1 Co 15,57 que par l’imitation de Jésus par la communion à sa Croix et à sa prière rédemptrices.

En ce combat comme dans tous les autres, Paul se montre un « athlète » 1 Co 9 ,25-26, un « champion » 2 Tm 4,7 et un « entraîneur »  2 Tim  4,1-5 de première valeur.  Laissons-nous donc entraîner par lui;  « Montrez-vous mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ » 1 Co 11,1. Mais retenons bien ces derniers mots qui dominent l’engagement missionnaire de Paul : la route sur laquelle il nous entraîne, c’est la route même du Christ Sauveur.  Ce n’est pas la fougue de son tempérament qui emporte Paul… c’est « l’énergie du Christ qui agit en moi avec puissance » Col 1,29.  Ce n’est pas l’attrait de l’aventure mais c’est l’attrait de Jésus Christ : «… il s’est anéanti, prenant condition d’esclave… et jusqu’a la mort de la croix. » Ph 2,5-8 ce n’est pas le goût de l’action mais l’amour du Christ pour ses frères : « Car l’amour de Dieu nous presse, à la pensée qu’il est mort pour tous » 2 Co 5,14.

(Extraits de J. Huguet – Unité de la vie spirituelle

et de la vie apostolique d’après saint Paul).

Marie Rivier

« Je dois vivre de la vie même de Jésus Christ, de sorte que la vie de Jésus Christ doit paraître dans toute ma conduite et même dans ma chair mortelle » (VJC t.3  p.355).  Notre vie consacrée apostolique est une marche vers la sainteté, un élan qui nous porte toujours en avant. Pour Paul et Marie Rivier, qui se plaisent à comparer le chrétien au coureur du stade, le progrès spirituel se fait dans un combat, une lutte qui n’est jamais terminée. Mort au péché, le baptisé doit sans cesse mourir au vieil homme. C’est le rôle de l’ascèse d’achever cette mort par la mortification. Le fruit du combat, c’est la vie en Dieu.

Imiter le Christ, vivre de sa vie, ne vont pas sans la nécessaire mort à soi, sans l’ascèse, sans le consentement à perdre sa vie, pour vivre unie à Dieu dans la charité. Marie Rivier engage ses sœurs à entrer avec une ferme espérance dans ce combat, non à cause, comme on a pu le dire, de ses failles psychologiques, mais en raison de ce désir fort qui brûle en son cœur : faire de sa vie une offrande d’amour. Je dois être conforme à Jésus Christ,  je dois enfin vivre de la vie même de Jésus Christ. (VJC t. 3, p.355). Entée sur Jésus Christ, la femme-Apôtre n’hésite pas malgré les difficultés, malgré les contradictions, les situations jugées impossibles, à se lancer dans sa mission : Faire connaître et aimer Jésus Christ.

Extrait de : La Femme-Apôtre

Dans le sillage de Saint Paul

Avançons au large,

les yeux fixés sur Jésus Christ

Quand Jésus est là dans une vie, quand on prend au sérieux sa Parole, tout change, tout devient possible. « Hors de moi, disait Jésus, vous ne pouvez rien faire. » On pressent ici une des exigences essentielles de la mission: on ne peut être apôtres, témoins, que si nous sommes des amis de Jésus, des hommes et des femmes de prière, bien plus des êtres qui consentent à mettre leurs pas dans les pas de Jésus.

Que l’apôtre soit d’abord un homme de prière, saisi par le Christ, c’est une attente très profonde de notre temps. Les hommes de notre époque, disait le pape Jean-Paul II, demandent aux croyants non seulement de leur parler du Christ, de l’Évangile, mais, en un sens, de le leur « faire voir ». Notre témoignage serait appauvri si nous ne commencions pas d’abord nous-mêmes à contempler le visage du Christ afin de le connaître, de l’aimer, de vivre de sa vie afin de transformer de l’intérieur l’histoire qui nous est confiée. « Laissant tout, ils le suivirent »: c’est le secret des vraies fécondités. L’important, dans nos existences, c’est de consentir peu à peu à nous désencombrer, voire à nous détacher de beaucoup de choses, à commencer par nous-mêmes, pour suivre Jésus, mettre nos pas dans les siens, en lui redonnant le « oui » de notre amour, à travers l’aventure et les aléas de nos existences.

Appelés à être apôtres là où Dieu nous veut et nous aime, n’ayons pas honte de connaître la faiblesse, le découragement voire le doute, comme tant de nos contemporains. Nous sommes tous pécheurs, fragiles. À ces heures-là, appuyons-nous, pauvrement, sur la foi des frères, des sœurs. Aux heures de nuit, osons redire notre Credo, fût-ce du bout des lèvres!

Mais n’ayons pas peur, laissons derrière nous nos soupçons et nos doutes. Avançons au large, courons l’aventure qui nous est proposée, environnés d’une si grande nuée de témoins, les yeux et le cœur fixés sur Jésus-Christ. Il est à jamais vivant et nous achemine, en dépit de tout, vers le triomphe de l’amour et de la vie.

Fr. Pierre Hugo, o.p

Esprit et Vie  janvier 2007 no 163Esper

Publié par : PM | janvier 16, 2009

THE PRAYER OF THE APOSTLE – November

THE  PRAYER OF THE APOSTLE

Saint Paul

The prayer of Paul is a constant intercession: « I never stop praying for you »(Col 1:9); « Night and day I ask God » (1 Th 3:10).  His  prayer underlies all his activity as apostle « Live in prayer and in supplication. Intercede for all the saints » (Eph 6:18).  Paul never ceases to intercede « in the Christ » for « the salvation of all » (1 Tm 2:3).  He becomes, because of his mission, as the mouthpiece of Christ Himself here below. (J. Huguet)

Thanksgiving has an important place in the personal prayer of Paul, and it is a reflex that he tries to inculcate in all the converts.  Instinctively Paul thanks and has others thank.  The communities as such, must uphold each other mutually through prayer: it is the most authentic sign of their friendship (2 Co 9:14).  It is also their duty to broaden their requests, as responsible for the universal: « First of all, I recommend that there should be prayers of petition, of intercession and of thanksgiving … so that we may be able to live religious and reverent lives in peace and tranquility »(Tm 2:1).

The prayer of petition must become the reflex of every believer, especially when he has strayed from the peace of God:  « There is no need to worry; but if there is anything you need, pray for it, asking God for it in prayer and thanksgiving, and that peace of God, which is so much greater than we can understand, will guard your hearts and your thoughts, in Christ Jesus » (Ph 4:6).

The continual prayer of Christian brethren must also  become responsible for the needs of all the baptized, and especially of those called to preach the Gospel: « Brothers, pray for us; pray that the Lord’s message may spread quickly, and be received with honor as it was among you »(2 The 3:1; cf. 1 The 5:25). Prayer must also call upon the help of God in the dangers that the apostle faces: « I exhort you by the love of the Spirit, to help me through my dangers by praying to God for me (Rm 15:30).  And also, to the Corinthians: « it is God who will deliver me (from death), if you come to my help by through\\prayer »(2 Co 1:11).

As we well know the Spirit of the risen Jesus is present and active in the prayer of a child of God: … the Spirit comes to the aide of our weakness, because we do not know how to pray

as we should »(Rom 8:26).

From: The Pastoral prayer of Saint Paul, by Jean Lévêque,

Carmelite, from the province of Paris.

Marie Rivier

I do not wish to speak here of a prayer of a few moments, of a half hour meditation…. I want to speak of this continual prayer that must precede, accompany and follow all our actions…

I can tell you that I have expected everything from prayer:  when I have prayed and had others pray, I am calm and I do not fear… all my trust has always been in prayer.  Be equally convinced that it is there, in the spirit of prayer and meditation that we draw all the help , all the graces necessary, for us and for others; and be sure that, when you cease praying, you will cease to do good. (Marie Rivier’s Last Instructions and Final Words of Advice, p 9).

Have recourse to prayer,  let this be your only option.  In the midst of your occupations, remain united to God; all your yearnings should be prayers.  Let us take this holy habit of praying unceasingly; while going and coming, while working. (To sister Xavier, January 24, 1817)

Do not decide anything without first consulting Jesus Christ and turning your heart frequently toward Him asking Him for His light and his help.  I feel so strongly the need that we have of Him, being unable to do anything by ourselves, that if I forget and do something without praying, I cry and I look upon what I have done as useless.  Therefore, be daughters of prayer and of meditation and God will bless all you do. (Letter 559)

Prayer in our life

Paul teaches us another important thing: he says that there is no true prayer without the presence of the Spirit within us.  He wrote: « The Spirit helps us in our weakness; for we do not know how to pray as we ought, but the Spirit himself intercede3s for us with sights too deep for words.  And he who searches the hearts of men knows what is the mind of the Spirit, because the Spirit intercedes for the saints according to the will of God »(Rom 8:26-27).

It  is as if to say that the Holy Spirit, that is, the Spirit of the Father and of the Son, is henceforth as it were the soul of our soul, the most secret part of our being, from which an impulse of prayer rises ceaselessly to God, whose words we cannot even begin to explain.

In fact, the Spirit, ever alert within us, completes what is lacking in us and offers to the Father our worship as well as our deepest aspirations.

This, of course, requires a degree of great and vital communion with the Spirit.  It is an invitation to be increasingly sensitive, more attentive to this presence of the Spirit in us, to transform it into prayer, to feel this presence of the Spirit.  It is an invitation to be increasingly sensitive, more attentive to this presence and thus to learn to pray, to speak to the Father as children in the Holy Spirit.

Benedict XVI November 15 2006

« The supreme good is prayer, the familiar conversation with God.  It is communication with God and union with Him…. As the eyes of the body are enlightened when they see the light, in the same manner the soul tending toward God is enlightened by His indescribable light.

Prayer is not the result of an exterior attitude, but rather it comes from the heart.  It does not limit itself to some hours or to some determined moment, but it extends its activity without respite, night and day.

Prayer is the light, the real knowledge of God, the intermediary between God and men.

When I speak of prayer, do not imagine that I am speaking of words.  It is rather an impetus toward God, a love that does not come from men and of which the Apostle speaks thus: We do not know how to pray as we should, but the Spirit Himself intervenes for us by inexpressible cries (Rom 8:26). »

Anonymous homily of the fifth century

Message de l’Évêque pour le Carême 2008

Kurt Koch — Évêque de Bâle

Chers soeurs et frères,

Pour cette année et l’année prochaine, le pape Benoît XVI a annoncé une „année Saint Paul » à la mémoire et en reconnaissance à cet apôtre des nations, à l’occasion du 2000ème anniversaire de sa naissance, que les historiens situent entre 7 et 10 après la naissance du Christ. Saint Paul n’appartient pas seulement aux personnalités les plus impressionnantes et aux figures les plus marquantes de l’Eglise primitive, il a aussi beaucoup à dire dans la situation actuelle de l’Eglise.  C’est pour cette raison que je vous invite à accueillir avec curiosité sa compréhension fondamentale de la foi.

Apôtre par conversion

Déjà la façon par laquelle Saint Paul est devenu chrétien est impressionnante. Avant sa conversion déjà, il n’était en aucun cas un homme pour qui Dieu ne signifierait rien et qui serait resté éloigné de sa loi. Bien plus, il était un juif droit de sorte que la nouvelle foi des chrétiens, pour qui ce n’est plus la loi de Dieu qui est au centre mais la personne du Christ crucifié et ressuscité, il la juge scandaleuse et comme inacceptable pour la foi juive. A partir de là il s’est senti obligé de persécuter les adeptes de Jésus-Christ même à l’extérieur de Jérusalem. Cela a changé de façon foudroyante avec l’événement de Damas, lorsque Saint Paul a rencontré le Christ et a été touché par sa lumière. A partir de ce moment-là, il s’est rangé au côté du Christ crucifié et ressuscité et s’est mis au service de l’annonce de son Evangile. Ce changement radical de camp dans la vie de Saint Paul contient un message libérateur pour nous: Si le Christ ressuscité a appelé Saul, persécuteur des chrétiens, à être un de ses apôtres et lui a donné un nouveau nom, celui de Paul, il devient évident que, pour le Christ, il n’y a pas de cas désespéré. Même si un homme est tombé très bas, il ne tombera jamais plus bas que dans les bras ouverts et dans les mains tendues de Jésus-Christ. C’est tout aussi évident qu’une telle rencontre avec le Christ ressuscité changera de fond en comble la vie de cet homme.

Ce que Saint Paul a vécu sur le chemin de Damas, il en a fait par la suite le contenu de son enseignement, cette grâce de Dieu qui invite les hommes à se réconcilier avec Dieu, avec eux-mêmes et avec les autres. Saint Paul était aussi convaincu que ce message ne peut pas seulement toucher les juifs mais bien plus qu’il a une signification universelle et qu’il concerne tous les hommes. Car le Dieu qui s’est révélé à lui en Jésus-Christ est le Dieu de tous les hommes et de toute la création.

Saint Paul Missionnaire

Ici se manifeste la véritable impulsion pour de nombreux voyages que Paul a entrepris et qui l’ont conduit en Europe. Là Paul a proclamé pour la première fois l’Evangile en Macédoine.  La motivation la plus profonde de son activité missionnaire consiste simplement dans ce fait, qu’il voulait donner gratuitement ce qu’il avait lui-même reçu gratuitement. Ou bien pour le dire avec ses propres mots: „L’amour du Christ nous presse… » (2 Co 5, 14). C’est seulement dans cet amour que Saint Paul a pu faire face à toutes les situations difficiles et parfois désespérées  auxquelles il a été confronté. Et c’est seulement dans cet amour aussi qu’il était prêt à donner sa propre vie pour la foi au Christ.  Le fait que l’Evangile du Christ est arrivé dans nos latitudes, de sorte que nous puissions en vivre, nous le devons essentiellement à l’apôtre des nations. Ce souvenir reconnaissant nous oblige, nous chrétiens, à prendre bien sûr au sérieux aujourd’hui aussi notre mission et à annoncer l’Evangile de façon nouvelle dans une Europe devenue largement néo-païenne. Une telle évangélisation nouvelle ne réussira crédiblement que si sa raison d’être ú comme chez Saint Paul ú est l’amour, qui n’est pas vécu pour atteindre d’autres buts ou même des buts d’intérêt personnel, mais qui est toujours gratuit. A partir de là se révèle le secret vital de Saint Paul: Il lui importait de placer Jésus-Christ au centre de sa propre vie et de le faire connaître aux hommes. C’est en ceci que consiste la nouvelle orientation de sa vie après l’expérience de la conversion de Damas: Celui qui est justifié par le Christ, c’est-à-dire saisi, ne vit plus pour soi-même et n’a plus sa propre justice. Il vit avec le Christ en faisant don de lui-même et en faisant croître sa participation au destin même de Jésus Christ. Ou bien avec les propres paroles de Saint Paul: „Je suis crucifié avec le Christ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 19b-20).

Le Baptême comme processus mystique

C’est avec ces paroles profondes que Saint Paul nous a décrit ce qui se passe au baptême: Dans le baptême le candidat est englobé dans le mouvement de Jésus Christ, qui passe de la mort à la vie, mouvement que Saint Paul décrit avec tant d’insistance dans la lecture d’aujourd’hui (Rm 5, 12-19). Le baptême signifie aux yeux de Saint Paul un changement radical d’existence, passage de la vie „charnelle », livrée au péché et à la mort, à la vie „spirituelle », dirigée par l’Esprit de Dieu, au sens de la libération vers l’être vrai.  Celle-ci doit prendre forme dans un changement radical de la manière de vivre qui inclut, avant tout, de vivre en conformité et en amitié personnelle avec le Christ. Pour Saint Paul, le baptême n’est pas seulement un sacrement qui pourrait être accompli purement extérieurement; il s’agit davantage pour lui d’un changement intérieur du baptisé. Pour Saint Paul il ne suffit pas que nous soyons des baptisés; pour lui il est plus déterminant que nous soyons „en Christ » et que nous vivions avec lui. Quand Saint Paul met fortement en évidence cette interpénétration du Christ et du baptisé, on pourrait parler d’une dimension intériorisée, voire même mystique de la vison paulinienne du baptême.  Dans la situation pastorale d’aujourd’hui, nous pourrions et nous devrions nous réorienter à partir de cette vision profonde. Car le baptême n’atteindra son objectif que là où il invite à entrer dans une amitié personnelle avec le Christ. Approfondir cela ou le renouveler, c’est aussi le sens du carême qui vise le renouvellement de nos promesses de baptême dans la célébration de la veillée pascale, la célébration la plus importante de la communauté des fidèles dans l’année liturgique.

Le Christ et l’Eglise

De là, le lien de Saint Paul avec l’Eglise s’éclaire d’une lumière nouvelle. Tout d’abord, il apparaît que Saint Paul n’est pas venu au Christ par le chemin ordinaire, c’est-à-dire par l’Eglise, bien qu’il ait rencontré l’Eglise avant sa rencontre avec le Christ.  Cette rencontre avait été totalement contraproductive; elle n’a pas amené à l’adhésion, mais à un refus net et, par là, à la persécution de l’Eglise. C’est seulement l’intervention directe du Christ dans la vie de Saint Paul sur le chemin de Damas qui va l’amener à son adhésion à l’Eglise de Jésus-Christ.  En même temps il saute aux yeux, dans le récit de saint Luc, que le Christ lui-même s’identifie avec l’Eglise quand il dit à Saint Paul: „Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? »  (Ac 9, 4). Le Christ fait comprendre à Saint Paul que de persécuter l’Eglise signifie, au fond, persécuter le Christ lui-même.  Quand Saint Paul persécutait l’Eglise, il persécutait également le Christ. Inversement, cela signifie que Saint Paul, sur le chemin de Damas, ne s’est pas seulement converti au Christ mais en même temps aussi à son Eglise.  Cette expérience de l’Eglise faite par Saint Paul, montre qu’on ne peut pas séparer le Christ de l’Eglise ú comme un slogan, à la mode il y a quelques dizaines d’années, le prétextait et le proclamait: „Jésus, oui ú l’Eglise, non ». Il ne peut pas y avoir de contradiction entre le Christ et l’Eglise et cela malgré les péchés nombreux des hommes qui forment l’Eglise. Le slogan „Jésus, oui ú l’Eglise, non » n’est assurément pas chrétien et ne correspond pas non plus à l’intention de Saint Paul. C’est plus palpable dans sa description  préférée de l’Eglise comme „corps du Christ », auquel appartiennent tous les baptisés et où tous collaborent à la construction de l’Eglise.La racine la plus profonde de cette représentation de l’Eglise comme „corps du Christ » repose pour Saint Paul dans l’Eucharistie comme sacrement du Corps du Christ dans lequel le Christ nous donne son corps et nous transforme ainsi en son corps ecclésial pour que l’Eucharistie soit toujours le lieu où naît l’Eglise. Toute vie ecclésiale découle de l’Eucharistie et se constitue de nouveau autour de l’autel de Jésus-Christ.

Renouveau de la foi chrétienne et de l’Eglise

C’est ainsi que la boucle est bouclée: Saint Paul attache de l’importance au fait qu’il n’est pas devenu chrétien et apôtre par ses efforts personnels mais par un appel du Christ. Ce qu’il avait reçu gratuitement, il voulait le donner gratuitement et il est devenu par là l’apôtre des nations. La motivation la plus profonde de ses voyages était l’amour qu’il avait reçu du Christ, amour auquel le baptême donne une participation intérieure. A partir de là, il était encore plus convaincu que l’Eglise est le Corps du Christ et qu’elle est ainsi appelée à mettre le Christ au centre de sa vie et le donner aux hommes.  C’est dans ces perspectives fondamentales que Saint Paul est un modèle crédible pour être chrétien aujourd’hui et pour la vie de l’Eglise. Faisons de cette „année Saint Paul » une belle occasion de nous replonger dans les lettres précieuses de Saint Paul. Approfondissons notre propre baptême durant le carême, de façon à pouvoir renouveler nos promesses de baptême lors de la veillée pascale. Sur le chemin vers Pâques je vous souhaite le meilleur et, pour vous accompagner, la bénédiction de Dieu.

+ Kurt Koch

Evêque de Bâle

Soleure, Carême 2008

Publié par : PM | décembre 3, 2008

LA VIE DU BAPTISÉ


Selon SAINT PAUL et MARIE RIVIER

« Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi » (Gal 2,20; VJC t3 p 173). Nous sommes au coeur de la doctrine paulienne : la grande nouveauté est la vie nouvelle conférée au baptisé par une mort mystérieuse avec le Christ.  Nous aussi sommes au centre de la spiritualité de Marie Rivier : « Ma vie, c’est la vie de Jésus Christ » (Lettre à soeur Sophie).

Marie Rivier fait sienne la théologie baptismale de Paul. Plongé dans l’eau du baptême,  le baptisé devient une créature nouvelle.  Il entre en communion de vie avec le Christ et ne fait plus qu’un avec lui.  La foi toute centrée sur le Christ mort et ressuscité, appelle le don sans réserve de soi, le consentement à s’ouvrir au mystère pascal, ‘à l’accueillir, à l’assimiler, à le vivre. : « Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Gal 2,20; VJC t3 p 364).

Dans le Christ, commente Marie Rivier, nous sommes appelés à vivre de cette vie nouvelle, à passer du péché à la grâce, du vice, à la vertu, de l’amour de soi à l’amour de Dieu, des inclinations du vieil homme à l’homme nouveau.  « Nous avons été enseveli avec lui par le baptême en sa mort, afin que comme le Christ a été relevé d’entre les morts par la gloire du Père, nous menions aussi une vie nouvelle » (Rom 6,4; VJC t3 p 13-14).

Considérant cette vie nouvelle, Marie Rivier développe l’incroyable réalité de notre vie en Christ, l’aspiration et l’aptitude à la conformité avec le Christ ressuscité.  Parce que nous sommes greffés sur le Christ, notre patrie est dans le ciel.  Si c’est avec une légitime fierté que Paul affirme : « Nous sommes citoyens des cieux », C’est avec une semblable allégresse que Marie Rivier incite ses soeurs à être des « filles du ciel, à vivre en filles ressuscitées » (Lettre à soeur Zoé, 1836).

Et de même que Paul rappelle aux chrétiens de Colosse leur dignité d’habitants du ciel et les devoirs qui en découlent, de même elle exhorte ses filles à vivre dans l’intelligence du mystère de Dieu, en conformité avec la vérité de leur être.  Marie Rivier confirme notre nécessaire communion à la vie du Christ ressuscité afin de ne pas laisser inactive l’union à Dieu reçu au baptême : « Vous êtes morts en effet et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3; VJC t3 p 299).

Imiter le Christ, vivre de sa vie, ne vont pas sans la nécessaire mort à soi, sans l’ascèse, sans le consentement à perdre sa vie, pour vivre unie à Dieu dans la charité.  « Coûte que coûte, il faut vous détacher de tout et mourir à vous-mêmes pour n’être plus qu’à Dieu et à Dieu seul » (Soeur Sophie, procès de béatification).

Nous devons nous revêtir de Jésus Christ c’est-à-dire revêtir ses vertus, son humilité, sa patience, sa douceur, sa constance et son obéissance.  « Rendons-lui vie pour vie; ne vivons que pour lui; mourons à la nature, pour ne vivre que de la grâce.  O heureuse mort qui donne en nous la vie à Jésus Christ et qui nous fait vivre de la vie de Jésus Christ » (VJC t1 p 67).

Marie Rivier à la suite de Paul exprime la remise radicale au Christ dans cette parole si dense sur laquelle elle reviendra bien des fois : « Ce n’est plus moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi ». (Gal 2,20; VJC t3 p 173).

Publié par : PM | octobre 10, 2008

TÉMOIN DE JÉSUS CHRIST

LA PRIÈRE DE L’APÔTRE

Saint Paul

La prière de Paul est une intercession continuelle : « Je ne cesse de prier pour vous » Col 1,9; « Nuit et jour, je demande à Dieu » 1Th 3,10.  Sa prière sous-tend toute son activité d’apôtre «  Vivez dans la prière et la supplication, intercédez pour tous les saints » Ep 6,18. Paul intercède sans cesse « dans le Christ » pour « le salut des hommes » 1 Tm 2,3.  Il devient, en raison de sa mission, comme la bouche même du Christ ici-bas.  (J. Huguet)

L’action de grâces tient une grande place dans la prière personnelle de Paul, et c’est un réflexe qu’il essaie d’inculquer à tous les convertis. D’instinct, Paul remercie et fait remercier. Les communautés en tant que telles doivent aussi se soutenir mutuellement par la prière: c’est le signe le plus vrai de leur amitié (2 Co 9,14). Il leur incombe aussi d’élargir leurs demandes, comme des responsables de l’universel: « Je recommande avant tout qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces… afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité  » (1 Tm 2,1).

La prière de demande doit devenir le réflexe de chaque croyant, spécialement lorsqu’il a quitté la paix de Dieu: « N’ayez aucun souci, mais en tout, par la prière et la supplication avec action de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ». (Ph 4,6).

La prière continuelle des frères chrétiens doit également prendre en charge les besoins de tous les baptisés, et spécialement ceux des ouvriers de l’Évangile: « Frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course et soit glorifiée comme elle l’est chez vous » (2 Th 3,1; cf. 1 Th 5,25).  La prière doit aussi  appeler le secours de Dieu dans les dangers que l’apôtre affronte: « Je vous exhorte, par l’amour de l’Esprit, à lutter en même temps que moi par vos prières à Dieu pour moi (Rm 15,30). Ou encore, aux Corinthiens: « C’est Dieu qui me délivrera (de la mort), si vous nous venez en aide par la prière » (2 Co 1,11).

Aussi bien l’Esprit de Jésus ressuscité est‑il présent et agissant dans toute prière d’un fils de Dieu: » … l’Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. «  (Rm 8,26s).

Extrait de : La prière pastorale de saint Paul  —   Jean Lévêque, carme, de la Province de Paris

Marie Rivier

Je ne veux pas parler ici d’une prière de quelques moments, d’une oraison d’une demi-heure… je veux parler de cette prière continuelle qui doit précéder, accompagner et suivre toutes nos actions… Je puis vous dire que pour moi, j’ai tout attendu de la prière : quand j’ai prié ou fait prier, je suis tranquille et ne craint rien… toute ma confiance a toujours été dans la prière.  Soyez de même convaincues, que c’est là, dans cet esprit de prière et d’oraison que l’on puise tous les secours, toutes les grâces nécessaires pour soi et pour les autres; et tenez pour certain que, lorsque vous cesserez de prier, vous cesserez de bien faire.

(Derniers Avis p 18)

Ayez bien recours à la prière, que ce soit là toute votre ressource.  Au milieu de vos occupations, tenez-vous bien unies à dieu; tous vos soupirs devraient être des prières.  Prenons cette sainte habitude de prier sans cesse; en allant, en venant, en travaillant».  (À soeur Xavier, 24 janvier 1817)

Ne faites rien sans consulter Jésus Christ et tournez votre cœur fréquemment vers lui pour lui demander ses lumières et son secours.  Je sens si fort le besoin que nous en avons, ne pouvant rien faire de nous-mêmes, que je m’oublie et que je fasse quelque chose sans prier, j’en pleure et je regarde ce que j’ai fait comme inutile.  Soyons donc des filles de prière et d’oraison et Dieu bénira tout.  (Lettre 559 12 juin 1983)

La prière dans notre vie

Paul nous enseigne également une chose importante: il dit qu’il n’existe pas de véritable prière sans la présence de l’Esprit en nous. Il écrit en effet: « Bien plus, l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit: il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut » (Rm 8, 26-27). C’est comme dire que l’Esprit Saint, c’est-à-dire l’Esprit du Père et du Fils, est désormais comme l’âme de notre âme, la partie la plus secrète de notre être, d’où s’élève incessamment vers Dieu un mouvement de prière, dont nous ne pouvons pas même préciser les termes.

En effet, l’Esprit, toujours éveillé en nous, supplée à nos carences et il offre au Père notre adoration, avec nos aspirations les plus profondes. Cela demande naturellement un niveau de grande communion vitale avec l’Esprit. C’est une invitation à être toujours plus sensibles, plus attentifs à cette présence de l’Esprit en nous, à la transformer en prière, à ressentir cette présence et à apprendre ainsi à prier, à parler avec le Père en tant que fils dans l’Esprit Saint.

Benoit XVI 15 novembre 2006

La prière
est la lumière de l’âme

« Le bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec Lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand ils voient la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable lumière.

La prière n’est donc pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jours.

La prière est la lumière, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes.

Lorsque je parle de prière, ne t’imagine pas qu’il s’agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l’apôtre [saint Paul] parle ainsi: ‘Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables’ (Rm 8,26). »

Homélie anonyme du Ve siècle.

TÉMOIN DE JÉSUS CHRIST

« La vie, pour moi,

c’est le Christ »

Saint Paul

Dieu, pour lui, a toujours été Quelqu’un, le grand présent et le grand vivant, et Paul ne lui a jamais répondu à moitié. L’événement du chemin de Damas a beaucoup moins inauguré une conversion de Paul que réorienté toutes ses forces vives vers le témoignage rendu à Jésus ressuscité.

Mais cette rencontre avec le Christ a créé en lui une nouveauté radicale, et désormais Paul ne vit plus à son propre compte. Il ne cherche plus ni bonheur, ni succès, ni influence, ni réalisation de lui-même hors du Christ:  » Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 3,20). Dieu, qui l’avait mis à part dès le sein de sa mère, l’a appelé par sa grâce et a jugé bon de révéler en lui son Fils afin qu’il l’annonce parmi les païens (Ga 1,l5s); et depuis ce jour Paul n’a plus d’autre projet que de coïncider avec le projet de Dieu, le « mystère » longtemps voilé et maintenant dévoilé. Il a été saisi par Jésus Christ et s’élance maintenant pour tâcher de Le saisir (Ph 3,12). Pour lui, vivre, c’est le Christ (Ph 1,21); il vit, certes, mais dans la mesure même où il laisse le Christ vivre en lui (Ga 2,20):  » Si nous vivons, écrit-il, c’est pour le Seigneur que nous vivons » (Rm 14,8)

Sûr de l’appel de Dieu, conscient d’être chaque jour envoyé, Paul se hâte, parce que le temps se fait court (1 Co 7,29) « Annoncer l’Évangile, c’est une nécessité qui s’impose à moi; malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!  » (1 Co 9,16) Partout et à tout moment, jusque dans l’impuissance de sa prison, Paul est en ambassade pour le Christ (2 Co 5,20; Ep 6,20).

Jean Lévêque, carme, de la province de Paris

« Ma vie,

c’est Jésus Christ »

Marie Rivier

Marie Rivier est tellement remplie de Jésus Christ que son coeur bat au rythme du coeur de Dieu. Elle épouse tous ses sentiments, communie intensément à tous les mystères de sa vie. Le témoignage qu’elle a laissé est celui d’une vie transformée par la profondeur de son identification au Christ. Elle s’appropriait à tel point les mystères du Christ qu’on a pu dire d’elle que ses actions extérieures aussi bien que ses paroles respiraient je ne sais quelle ressemblance avec le mystère du Christ dont on célébrait la mémoire. (Hamon p.295 – Vie de madame Rivier).

Marie Rivier donne l’exemple d’une vie si totalement passée en celle du Christ qu’elle peut dire au monde en recherche de vérité, ce que l’on disait d’elle : prenez-moi sans crainte pour modèle, parce que je n’ai eu moi-même d’autre modèle que Jésus Christ. 1 Co, 4,16; VJC t.1 p. IV

Il faut que Jésus Christ parle en nous comme il parlait en saint Paul : qu’il agisse et qu’il y vive, afin que nous puissions dire comme ce grand apôtre : « Je ne vis plus à moi-même, c’est Jésus Christ qui vit en moi.; Ga 2,20 ; mon cœur est le lieu de ses délices, et il est le paradis de mon cœur. ES p.2

Réflexion : Ma vie sur les pas du Christ

Le Fils, chemin qui conduit au Père (cf. Jn 14,6), appelle tous ceux que lui a donnés le Père (cf. Jn 17,9) à venir à sa suite, ce qui oriente leur existence. Mais à certains, précisément les personnes consacrées, il demande un engagement total qui comporte l’abandon de toutes choses (cf. Mt 19,27) pour vivre en intimité avec lui et le suivre où qu’il aille (cf. Ap 14,4).

Dans le regard de Jésus (cf. Mc 10,21), « image du Dieu invisible » (Col 1,15), resplendissement de la gloire du Père (cf. He 1,3), se lit la profondeur d’un amour éternel et infini qui atteint les racines de l’être. La personne qui se laisse saisir ne peut que tout abandonner et le suivre (cf. Mc 1,16-20; 2,14; 10,21.28). Comme Paul, elle considère tout le reste comme « désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus » devant qui elle n’hésite pas à regarder tout « comme des déchets, afin de gagner le Christ » (Ph 3,8). Elle aspire à s’identifier à lui, en ayant les mêmes sentiments et la même forme de vie. Cette façon de tout abandonner et de suivre le Seigneur (cf. Lc 18,28) constitue un programme valable pour toutes les personnes qui sont appelées et pour tous les temps. VC18

Le monde et l’Église cherchent d’authentiques témoins du Christ. Et la vie consacrée est un don que Dieu fait pour que l’« unique nécessaire » (cf. Lc 10,42) soit mis sous les yeux de tous. Dans l’Église et dans le monde, la vie consacrée a spécialement pour mission de rendre témoignage au Christ par la vie, par les œuvres et par la parole. Vous savez en qui vous avez mis votre foi (cf. 2 Tm 1,12): donnez-lui tout! N’oubliez jamais que vous, tout particulièrement, vous pouvez et vous devez dire non seulement que vous êtes du Christ, mais que vous « êtes devenus le Christ ». VC 109

******************

Témoignage de vie

L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce — ou qui est-ce — qui les inspire ? Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle… des questions surgiront, plus profondes et plus engageantes, provoquées par ce témoignage qui comporte présence, participation, solidarité, et qui est un élément essentiel, dans l’évangélisation.

… il est bon de souligner ceci : pour l’Eglise, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre mais également donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d’évangélisation “L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ».

8 décembre 1975, EVANGELII NUNTIANDI nos 20, 41

Publié par : PM | septembre 10, 2008

SOUFFRANCES PAR AMOUR DU CHRIST

SOUFFRANCES

 PAR AMOUR DU CHRIST

 

Saint Paul

 «  Je peux tout en celui

 qui me fortifie ». Ph 4,13

 

Seul le Christ Jésus a pu soutenir l’apôtre Paul dans les combats et les difficultés de sa vie apostolique.  

 

Dans l’apostolat de Paul les difficultés, qu’il affronta avec courage par amour du Christ, ne manquèrent pas.  Il rappelle lui-même avoir connu  « la fatigue… la prison… les coups… le danger de mort…: trois fois j’ai subi la bastonnade; une fois, j’ai été lapidé; trois fois, j’ai fait naufrage…; souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant des juifs, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J’ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste: ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Eglises » (2 Co 11, 23-28).

 

Comment ne pas rendre grâce au Seigneur de nous avoir donné un Apôtre de cette envergure ? Il est clair qu’il ne lui aurait pas été possible d’affronter des situations si difficiles et parfois désespérées, s’il n’y avait pas eu une raison de valeur absolue, face à laquelle aucune limite ne pouvait être considérée comme infranchissable. Pour Paul, cette raison, nous le savons, est Jésus Christ, dont il écrit: « En effet l’amour du Christ nous saisit… afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Co 5, 14-15) pour nous.                                   

Benoit XVI – VATICAN, le 21 Juin 2007

 

 

Marie Rivier

 « Qui nous séparera 

            de l’amour de Jésus Christ? »

Rm 8,35

 

Marie Rivier était animée par la puissante force de Jésus Christ.   Elle devenait ainsi invincible  dans toutes les entreprises que Dieu lui inspirait.

 

La Femme-Apôtre n’hésite pas malgré les contradictions, les difficultés, les situations jugées impossibles, à se lancer dans sa mission : Faire connaître et aimer Jésus Christ.  En dépit de sa faiblesse, de son ignorance, de la pauvreté des moyens, elle ne discute pas avec la volonté de Dieu.  Elle a conscience que son indigence lui est agréable.  Aussi avec Paul, elle se vante de ses limites : Je me plais et me réjouis dans ma faiblesse (2 Cor 12,10,  VJC I, p 99).  Je n’ai ni talents, ni vertus, ni sciences, ni fortune (Lettre à la Sainte Vierge 24/08/1835).  Etre considérée comme inutile ou incapable, faire sourire les « gens sages » de ses projets, être diminuée physiquement par ses infirmités, font le sujet de sa gloire.  Lorsque je suis faible , c’est alors que je suis forte; c’est alors que je suis plus près de Dieu; c’est alors  que la vertu de Jésus Christ habite en moi, et qu’elle manifeste avec plus d’éclat. (VJC I p.100)

 

Pour parler de Jésus Christ, rien n’arrêtera le zèle de la Femme-Apôtre.  Les obstacles sont faits pour être vaincus.  Malgré ses peurs et ses craintes, les dangers de la route, des rivières et des montagnes, le froid ou la faim la fièvre ou le mal-être, ne mettront pas un frein à ses voyages fréquents, en carriole ou à pied : je me sens courageuse et forte pour trotter.  (Lettre de Marie Rivier sans nom)

 

Toujours des soucis spirituels et temporels, des chagrins, des tracasseries de tout genre, je dis : Fiat! Et je fais du mieux que je puis, mais jamais comme je voudrais.  Avec cela, je suis tranquille, je mets toute ma confiance en Dieu et je désire plus que jamais tout ce qui peut être pour sa gloire  (Corr. à Sr d’Alcantara).

 

Réflexion

 

C’est dans la « vie de tous les jours » que Dieu nous appelle à atteindre la maturité de la vie spirituelle, qui consiste précisément à vivre de façon extraordinaire les choses ordinaires.

 

En effet, la sainteté s’acquiert en suivant Jésus, non pas en s’évadant de la réalité et de ses épreuves, mais en les affrontant avec la lumière et la force de son Esprit. Tout cela trouve sa plus profonde compréhension dans le mystère de la Croix.  Jésus invite les croyants à se charger chaque jour de leur croix et de le suivre (cf. Mt 16, 24), en l’imitant jusqu’au don total de soi à Dieu et à ses frères.

 

Que la Vierge Marie nous enseigne et nous aide à faire de notre existence un chant de louange humble et joyeux à Dieu, aux yeux duquel un acte d’amour vaut plus que toute entreprise glorieuse.

 

Que Marie nous soutienne dans notre engagement quotidien afin que, comme l’exhorte aujourd’hui l’Apôtre, nous ne nous conformions pas à la mentalité du monde, mais que nous renouvelions notre esprit pour « pouvoir discerner quelle est la volonté de Dieu » (Rm 12, 2).

   Angelus  Jean-Paul II, 01/09/02

Publié par : PM | août 15, 2008

Connaître saint Paul…

Saint Paul
Apôtre de Jésus Christ

Connaître saint Paul, c’est découvrir l’unité extraordinaire de cet homme et de sa vie. Pour lui, être apôtre c’est suivre Jésus Christ, se faire disciple de Jésus Christ et participer à la vie et au mystère de Jésus Christ. C’est pour cette raison que sa mission apostolique le saisit dans tout son être. Sa vie, c’est le Christ (Ph 1,21).

En spécifiant sa mission Paul se définit lui-même :

« Apôtre par vocation, mis à part pour annoncer l’Évangile de Dieu » Rm 1,1.
« Ne suis-je pas apôtre? » 1Co 9,1
« Serviteur de Dieu, apôtre de Jésus Christ, pour mener les élus de Dieu à la foi » Tt 1,1

« Ministre du Christ Jésus auprès des païens » Rm 15,16.
« Prêtre de l’Évangile de Dieu » Rm 15,16.
« Intendant des mystères de Dieu » 1 Co 4,1
« Coopérateur de Dieu » 1 Co 3,9.

« Envoyé de Dieu » 2 Co 2,17
« Ambassadeur pour le Christ » 2 Co 5,20
« Ministre de Dieu » 2 Co 6,4
« Ministre de l’Évangile » Ep 3,7

« Docteur des païens dans la foi et la vérité » 1 Tm 2,7
« Héraut et apôtre du témoignage » 1 Tm 2,6
« Héraut, apôtre et docteur de l’Evangile » 2 Tm 1,11

« Serviteur du Christ Jésus » Rm 1,1
« Vos serviteurs pour l’amour du Père » 2 Co 4,5
« Des serviteurs par qui vous avez embrassé la foi » 1Co 3,5
« Serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu »
1 Co 4,1

Comment Paul réalise-t-il sa vocation d’apôtre?

Paul est conscient d’être « apôtre par vocation », c’est-à-dire non en vertu d’une candidature spontanée ni d’une charge qui lui aurait été confiée humainement, mais uniquement par un appel et une élection divine. Dans son épistolier, l’Apôtre des nations répète plusieurs fois que tout dans sa vie est le fruit de l’initiative gratuite et miséricordieuse de Dieu (cf. 1 Co 15, 9-10 ; 2 Co 4, 1 ; Ga 1, 15). Il fut choisit « pour annoncer l’Evangile de Dieu » (Rm1, 1), pour répandre l’annonce de la grâce divine qui réconcilie en Christ, l’homme avec Dieu, avec lui-même et avec les autres. Le succès de son apostolat dépend surtout d’une implication personnelle dans l’annonce de l’Evangile avec un dévouement total pour le Christ ; un dévouement qui ne craignit pas les risques, les difficultés et les persécutions : « Ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 38-39). Benoit XVI, 28 juin 2008

Marie Rivier
Apôtre de Jésus Christ

Marie Rivier, c’est la Femme-Apôtre. Apôtre parce qu’habitée par la présence en elle de Celui qui est venu mettre le feu au monde et n’a de cesse que de le voir tout embraser : Jésus Christ. Marie Rivier fait partie de ces femmes, de ces hommes que nous appelons les Apôtres. Elle se sentait faite pour annoncer Jésus Christ, montrer le ciel et y conduire les gens, tous, tous.
(Une flamme de feu p 38)

Par ses écrits et ses entretiens, Marie Rivier nous révèle une vie unifiée et une spiritualité toute centrée sur Jésus Christ.

Soyons de véritables copies de Jésus Christ. (Lettre 05)
Marchez courageusement à la suite de Jésus votre divin Modèle. (Lettre 834)
Ne faites rien sans consulter Jésus Christ. (Lettre 559)
Ah! Mes enfants, si nous avions l’esprit et le coeur de Jésus Christ. (VJC II p.183)
Notre vocation étant la vocation de Jésus Christ, nous devons avoir du zèle comme Jésus Christ. (EV p.75)

Jésus Christ demande de vous un zèle brûlant pour sa gloire. (Corr. à Sr Fabienne)
J’ai soif du salut des âmes, de procurer la gloire de Dieu. (V.J.C)
Travaillez tous les jours à procurer la gloire de Dieu en vous sacrifiant pour le salut des âmes (Lettre 100)

Ah! Seigneur, j’irais jusqu’au bout du monde pour gagner des coeurs. (V.J.C, II 176-178)
Je voudrais avoir mille corps pour aller travailler dans tous les endroits du monde à faire connaître Jésus Christ. (Porter le feu p 34)
Il nous faut du feu et du zèle dans l’action et pas d’abattement dans les petites difficultés. (Lettre 898)
Nous aurons toujours faim de la prière, de l’oraison et de la parole de Dieu. (V.J.C, II 176-178)
Les croix! Je crois qu’elles me donnent la force. (Corr. à Sr Valentine)
Je veux tout faire et souffrir pour l’amour de Jésus Christ (Au feu de sa tendresse p.217)

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Comment Marie Rivier réalise-t-elle sa vocation d’apôtre?

Elle se laisse conduire par Celui qui l’a consacrée et envoyée : elle avance dans la foi, avec une ferme espérance. Elle se laisse instruire par Dieu… Elle a la certitude d’avoir été choisie par Dieu pour faire l’oeuvre de Dieu.

L’action de Marie Rivier est l’action du Christ qui opère en elle. Son être, c’est le Christ. Le Christ est en elle et elle vit dans le Christ. Tout comme Paul, le perte d’elle même dans le Christ entraîne une union de vie, une communion de pensée, une fusion des coeurs : « C’est le christ qui vit en moi » Ga 2,20

Marie Rivier ne compte pas sur elle-même, mais espère tout de la grâce de Dieu, s’appuie sur sa force et lui rapporte sans réserve toute gloire : « De nous-mêmes, nous serions incapables de nous attribuer quelque chose, mais notre capacité vient de Dieu ». 2 Co 3,5. Et Dieu lui a donné les aptitudes de l’apôtre : l’amour de la vérité et l’assurance fondée sur la foi pour témoigner de la Bonne Nouvelle apportée par Jésus Christ. Totalement consciente d’être conduite par la main de Dieu, elle souscrit pour son compte à la parole de Paul : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis .et sa grâce en moi n’a pas été vaine : j’ai peiné plus qu’eux tous, non pas moi, mais la grâce de Dieu qui est avec moi » 1 Co 15,10
(Tiré de La Femme-Apôtre dans le sillage de saint Paul)

Publié par : PM | juillet 29, 2008

Saint Paul et Marie Rivier

Une même vocation : JÉSUS CHRIST

 

Vocation de Paul

 

Ce fut sur le chemin de Damas, au début des années 30, que Saul, selon ses propres paroles, fut « ravi par le Christ » (Ph 3, 12). Alors que Luc raconte le fait avec une abondance de détails — comment la lumière du Ressuscité l’a touché et a profondément changé toute sa vie —, dans ses lettres, Paul va droit à l’essentiel et parle non seulement de vision (cf. 1 Co 9, 1), mais d’illumination (cf. 2 Co 4, 6) et surtout de révélation et de vocation dans la rencontre avec le Ressuscité (cf. Ga 1, 15-16). En effet, il se définira explicitement « apôtre par vocation » (cf. Rm 1, 1; 1 Co 1, 1) ou « apôtre par la volonté de Dieu » (2 Co 1, 1; Ep 1, 1; Col 1, 1), comme pour souligner que sa conversion n’était pas le résultat d’un développement de pensées, de réflexions, mais le fruit d’une grâce divine imprévisible.  A partir de ce moment, tout ce qui constituait pour lui auparavant une valeur, devint paradoxalement, selon ses propres termes, une perte et des balayures (cf. Ph 3, 7-10). Et, à partir de ce moment, toutes ses énergies furent placées au service exclusif de Jésus Christ et de son Evangile.» (1 Co 9, 22)

Catéchèse de Benoit XVI ROME, le 25 octobre 2006

 

 

Vocation de Marie-Rivier

 

Derrière l’autel des Pénitents de Montpezat, Mère Rivier est très vite remplie de la présence de Jésus. Comme Paul sur le chemin de Damas, elle rencontra le Christ : « Il a plu à Celui qui m’avait mis à part dès le ventre de ma mère  de révéler en moi son Fils » Gal 1,15. Bien vite, elle a  conscience d’être appelée pour une mission  particulière… « Notre vocation, disait-elle, c’est Jésus-Christ ».   Comme tous les apôtres, Marie Rivier devient « un instrument de choix » pour annoncer la Bonne Nouvelle.  N’est-elle pas comme Paul : « Apôtre de Jésus Christ par décision de Dieu qui l’a appelée».  1 Cor 1,1

 

Tout au long de sa mission, elle avance dans la foi car sa tâche dépasse ses forces humaines et ne peut pas être son oeuvre personnelle. Tout s’enracine dans la contemplation de Celui qu’elle a vu dans les bras de sa Mère.  « Je suis à Jésus Christ et rien au monde ne me séparera de Lui »  (VJC t.2 p.103)  Marie Rivier est consciente que le Christ l’appelle à prendre part à sa mission de salut. Il faut qu’elle soit plus qu’une servante, plus qu’une disciple, plus qu’une amie mais bien : un « nouveau Jésus Christ vivant ». Dans un entretien sur Jésus Christ, elle disait à ses filles : « Il faut qu’il parle en nous comme il parlait en saint Paul, il faut qu’il y agisse et qu’il vive afin que nous puissions dire comme le grand apôtre Paul : « Je ne vis plus à moi-même, c’est le Christ qui vit en moi»  ES p.2

 

Réflexion

 

« Nous avons besoin de Saint Paul, de son enseignement, pour avoir plus de courage dans la vie chrétienne, et surtout nous avons besoin d’expérimenter, nous aussi, cette rencontre qui a changé la vie de Paul de Tarse et toute la trame de l’histoire de l’Eglise et du monde entier: la rencontre de Paul avec Jésus…   Sa rencontre avec Jésus l’a rendu fort pour rencontrer tout homme, afin d’être, comme il l’a dit, « tout à tous », afin que chacun obtienne l’intelligence par la connaissance du Christ, afin de gagner le monde et tous les hommes à Jésus-Christ.

 

Aujourd’hui, le monde a plus que jamais besoin de cette rencontre vraie avec le Christ, dans la foi, afin que nous puissions affronter le monde, la nature, l’environnement, toute la création dans tous ses éléments, pour que l’homme soit vraiment roi de cette création comme Dieu l’a fait. La rencontre avec Dieu est à la base de la rencontre des civilisations, des cultures, des peuples et des nations dans leurs diversités et dans leurs croyances. La rencontre avec la personne de Jésus-Christ est la base de la vraie mondialisation, de la vraie globalisation.».

(Homélie de  Sa Béatitude le patriarche Grégoire III Laham,  jeudi 8 mai 2008, en la basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs.)

Prière à Saint Paul

Glorieux saint Paul,
Apôtre plein de zèle,
Martyr par amour du Christ,
obtiens-nous une foi profonde,
une espérance ferme,
un amour brûlant pour le Seigneur
afin que nous puissions dire avec toi :
’’Ce n’est plus moi mais le Christ qui vit en moi’’.
Aide-nous à devenir des apôtres
qui servent l’Eglise avec une conscience pure,
des témoins de sa grandeur et de sa beauté
au milieu des difficultés de notre temps.
Avec toi nous louons Dieu notre Père,
’A lui la gloire, dans l’Eglise et dans le Christ
pour tous les âges et tous les siècles.’
Amen  (http://catholique-nanterre.cef.fr/Prier)

 

Prière de Marie Rivier 

pour les membres de sa grande famille

 

« Je ne cesse de rendre grâces pour vous,

faisant mention de vous dans mes prières : 

que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ,

le Père de gloire,

vous donne un esprit de sagesse

et de révélation, dans sa connaissance, 

et qu’il illumine les yeux de votre coeur,

pour que vous sachiez quelle est l’espérance

qui s’attache à son appel,

quelle est la richesse de la gloire

de son héritage qu’il réserve aux saints, 

et quelle est envers nous qui croyons

l’infinie grandeur de sa puissance,

se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force. »

Ep.1, 16 ss

Publié par : PM | juin 28, 2008

Parole Mére Angèle Dion Supérieure générale

Nous célébrons cette année le bimillénaire de la naissance de saint Paul. À cette occasion, le pape Benoît XVI nous invite à faire de cette année 2008-2009, un pèlerinage intérieur sur les traces de Paul. Une façon de nous rappeler que l’Église a besoin plus que jamais de témoins semblables à saint Paul, capables comme lui de donner leur vie pour le Christ.

Paul a fait l’expérience d’une rencontre qui a bouleversé sa vie. De persécuteur, il est devenu disciple de Jésus au point de pouvoir dire : « Ce n’est plus moi qui vis mais c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). A la suite de Paul, des hommes et des femmes, aujourd’hui encore se laissent transformer par le Christ.

Comment ne pas penser à Marie Rivier, femme de feu, au cœur aimant, à la foi vive, à l’espérance intrépide ? Sa vie fut celle d’une femme saisie par le Christ : « Ma vie, c’est le Christ » disait-elle et encore « Je ne pourrais pas dormir si je passais la journée sans parler de Jésus Christ ». Ses fréquents entretiens sont centrés sur Jésus Christ : « Je ne veux plus vous parler que de Jésus Christ et vous apprendre sans cesse à l’aimer et à l’imiter. C’est là toute notre vocation ».

Marie Rivier s’est faite disciple de Paul parce qu’elle a trouvé chez l’Apôtre sa voie pour suivre Jésus Christ. Non seulement elle cite souvent les écrits de saint Paul, mais elle le nomme expressément à plusieurs reprises dans ses lettres et entretiens: « Revêtons-nous de Jésus Christ (…) afin d’être partout, comme dit saint Paul, la bonne odeur de Jésus Christ ». « Je désire ardemment que vous soyez remplie de Jésus Christ ; qu’il soit votre lumière, votre force, votre tout, et que vous puissiez dire, comme saint Paul, ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus Christ qui vit en moi ».

Au cours des prochains mois, je vous invite à mieux découvrir la « femme apôtre » dans le sillage de Paul, cet apôtre audacieux qui a répandu la Bonne Nouvelle de l’Évangile à toutes les nations de son temps.

Pour approfondir notre connaissance de saint Paul, les articles des revues et les sites web sont nombreux et forts intéressants. (www.anneesaintpaul.frwww.annopaolino.org ). Pour mieux découvrir Marie Rivier comme disciple de saint Paul, vous trouverez chaque mois sur ce site des textes tirés de documents de notre trésor de famille : Temps Rivier, Cahier 2 de janvier 88 ainsi que d’une recherche faite par S. Geneviève Couriaud sur Marie Rivier, disciple de saint Paul. Merci à S. Germaine Boivin, S. Patricia Sofia Mendonça et S. Marie de Lourdes, ainsi que nos traductrices qui par leurs diverses compétences, vont nous faciliter ce pèlerinage intérieur.

Comme saint Paul, comme Marie Rivier, puissions-nous trouver notre joie à annoncer Jésus Christ ! Soyons un Évangile ouvert où tous puissent lire Jésus Christ.

S.Angèle Dion p.m.

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