Publié par : PM | octobre 10, 2008

TÉMOIN DE JÉSUS CHRIST

LA PRIÈRE DE L’APÔTRE

Saint Paul

La prière de Paul est une intercession continuelle : « Je ne cesse de prier pour vous » Col 1,9; « Nuit et jour, je demande à Dieu » 1Th 3,10.  Sa prière sous-tend toute son activité d’apôtre «  Vivez dans la prière et la supplication, intercédez pour tous les saints » Ep 6,18. Paul intercède sans cesse « dans le Christ » pour « le salut des hommes » 1 Tm 2,3.  Il devient, en raison de sa mission, comme la bouche même du Christ ici-bas.  (J. Huguet)

L’action de grâces tient une grande place dans la prière personnelle de Paul, et c’est un réflexe qu’il essaie d’inculquer à tous les convertis. D’instinct, Paul remercie et fait remercier. Les communautés en tant que telles doivent aussi se soutenir mutuellement par la prière: c’est le signe le plus vrai de leur amitié (2 Co 9,14). Il leur incombe aussi d’élargir leurs demandes, comme des responsables de l’universel: « Je recommande avant tout qu’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâces… afin que nous puissions mener une vie calme et paisible en toute piété et dignité  » (1 Tm 2,1).

La prière de demande doit devenir le réflexe de chaque croyant, spécialement lorsqu’il a quitté la paix de Dieu: « N’ayez aucun souci, mais en tout, par la prière et la supplication avec action de grâces, faites connaître à Dieu vos demandes. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ». (Ph 4,6).

La prière continuelle des frères chrétiens doit également prendre en charge les besoins de tous les baptisés, et spécialement ceux des ouvriers de l’Évangile: « Frères, priez pour nous, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course et soit glorifiée comme elle l’est chez vous » (2 Th 3,1; cf. 1 Th 5,25).  La prière doit aussi  appeler le secours de Dieu dans les dangers que l’apôtre affronte: « Je vous exhorte, par l’amour de l’Esprit, à lutter en même temps que moi par vos prières à Dieu pour moi (Rm 15,30). Ou encore, aux Corinthiens: « C’est Dieu qui me délivrera (de la mort), si vous nous venez en aide par la prière » (2 Co 1,11).

Aussi bien l’Esprit de Jésus ressuscité est‑il présent et agissant dans toute prière d’un fils de Dieu: » … l’Esprit vient en aide à notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. «  (Rm 8,26s).

Extrait de : La prière pastorale de saint Paul  —   Jean Lévêque, carme, de la Province de Paris

Marie Rivier

Je ne veux pas parler ici d’une prière de quelques moments, d’une oraison d’une demi-heure… je veux parler de cette prière continuelle qui doit précéder, accompagner et suivre toutes nos actions… Je puis vous dire que pour moi, j’ai tout attendu de la prière : quand j’ai prié ou fait prier, je suis tranquille et ne craint rien… toute ma confiance a toujours été dans la prière.  Soyez de même convaincues, que c’est là, dans cet esprit de prière et d’oraison que l’on puise tous les secours, toutes les grâces nécessaires pour soi et pour les autres; et tenez pour certain que, lorsque vous cesserez de prier, vous cesserez de bien faire.

(Derniers Avis p 18)

Ayez bien recours à la prière, que ce soit là toute votre ressource.  Au milieu de vos occupations, tenez-vous bien unies à dieu; tous vos soupirs devraient être des prières.  Prenons cette sainte habitude de prier sans cesse; en allant, en venant, en travaillant».  (À soeur Xavier, 24 janvier 1817)

Ne faites rien sans consulter Jésus Christ et tournez votre cœur fréquemment vers lui pour lui demander ses lumières et son secours.  Je sens si fort le besoin que nous en avons, ne pouvant rien faire de nous-mêmes, que je m’oublie et que je fasse quelque chose sans prier, j’en pleure et je regarde ce que j’ai fait comme inutile.  Soyons donc des filles de prière et d’oraison et Dieu bénira tout.  (Lettre 559 12 juin 1983)

La prière dans notre vie

Paul nous enseigne également une chose importante: il dit qu’il n’existe pas de véritable prière sans la présence de l’Esprit en nous. Il écrit en effet: « Bien plus, l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des cœurs, connaît les intentions de l’Esprit: il sait qu’en intervenant pour les fidèles, l’Esprit veut ce que Dieu veut » (Rm 8, 26-27). C’est comme dire que l’Esprit Saint, c’est-à-dire l’Esprit du Père et du Fils, est désormais comme l’âme de notre âme, la partie la plus secrète de notre être, d’où s’élève incessamment vers Dieu un mouvement de prière, dont nous ne pouvons pas même préciser les termes.

En effet, l’Esprit, toujours éveillé en nous, supplée à nos carences et il offre au Père notre adoration, avec nos aspirations les plus profondes. Cela demande naturellement un niveau de grande communion vitale avec l’Esprit. C’est une invitation à être toujours plus sensibles, plus attentifs à cette présence de l’Esprit en nous, à la transformer en prière, à ressentir cette présence et à apprendre ainsi à prier, à parler avec le Père en tant que fils dans l’Esprit Saint.

Benoit XVI 15 novembre 2006

La prière
est la lumière de l’âme

« Le bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu. Elle est communication avec Dieu et union avec Lui. De même que les yeux du corps sont éclairés quand ils voient la lumière, ainsi l’âme tendue vers Dieu est illuminée par son inexprimable lumière.

La prière n’est donc pas l’effet d’une attitude extérieure, mais elle vient du cœur. Elle ne se limite pas à des heures ou à des moments déterminés, mais elle déploie son activité sans relâche, nuit et jours.

La prière est la lumière, la vraie connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les hommes.

Lorsque je parle de prière, ne t’imagine pas qu’il s’agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l’apôtre [saint Paul] parle ainsi: ‘Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables’ (Rm 8,26). »

Homélie anonyme du Ve siècle.

TÉMOIN DE JÉSUS CHRIST

« La vie, pour moi,

c’est le Christ »

Saint Paul

Dieu, pour lui, a toujours été Quelqu’un, le grand présent et le grand vivant, et Paul ne lui a jamais répondu à moitié. L’événement du chemin de Damas a beaucoup moins inauguré une conversion de Paul que réorienté toutes ses forces vives vers le témoignage rendu à Jésus ressuscité.

Mais cette rencontre avec le Christ a créé en lui une nouveauté radicale, et désormais Paul ne vit plus à son propre compte. Il ne cherche plus ni bonheur, ni succès, ni influence, ni réalisation de lui-même hors du Christ:  » Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 3,20). Dieu, qui l’avait mis à part dès le sein de sa mère, l’a appelé par sa grâce et a jugé bon de révéler en lui son Fils afin qu’il l’annonce parmi les païens (Ga 1,l5s); et depuis ce jour Paul n’a plus d’autre projet que de coïncider avec le projet de Dieu, le « mystère » longtemps voilé et maintenant dévoilé. Il a été saisi par Jésus Christ et s’élance maintenant pour tâcher de Le saisir (Ph 3,12). Pour lui, vivre, c’est le Christ (Ph 1,21); il vit, certes, mais dans la mesure même où il laisse le Christ vivre en lui (Ga 2,20):  » Si nous vivons, écrit-il, c’est pour le Seigneur que nous vivons » (Rm 14,8)

Sûr de l’appel de Dieu, conscient d’être chaque jour envoyé, Paul se hâte, parce que le temps se fait court (1 Co 7,29) « Annoncer l’Évangile, c’est une nécessité qui s’impose à moi; malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile!  » (1 Co 9,16) Partout et à tout moment, jusque dans l’impuissance de sa prison, Paul est en ambassade pour le Christ (2 Co 5,20; Ep 6,20).

Jean Lévêque, carme, de la province de Paris

« Ma vie,

c’est Jésus Christ »

Marie Rivier

Marie Rivier est tellement remplie de Jésus Christ que son coeur bat au rythme du coeur de Dieu. Elle épouse tous ses sentiments, communie intensément à tous les mystères de sa vie. Le témoignage qu’elle a laissé est celui d’une vie transformée par la profondeur de son identification au Christ. Elle s’appropriait à tel point les mystères du Christ qu’on a pu dire d’elle que ses actions extérieures aussi bien que ses paroles respiraient je ne sais quelle ressemblance avec le mystère du Christ dont on célébrait la mémoire. (Hamon p.295 – Vie de madame Rivier).

Marie Rivier donne l’exemple d’une vie si totalement passée en celle du Christ qu’elle peut dire au monde en recherche de vérité, ce que l’on disait d’elle : prenez-moi sans crainte pour modèle, parce que je n’ai eu moi-même d’autre modèle que Jésus Christ. 1 Co, 4,16; VJC t.1 p. IV

Il faut que Jésus Christ parle en nous comme il parlait en saint Paul : qu’il agisse et qu’il y vive, afin que nous puissions dire comme ce grand apôtre : « Je ne vis plus à moi-même, c’est Jésus Christ qui vit en moi.; Ga 2,20 ; mon cœur est le lieu de ses délices, et il est le paradis de mon cœur. ES p.2

Réflexion : Ma vie sur les pas du Christ

Le Fils, chemin qui conduit au Père (cf. Jn 14,6), appelle tous ceux que lui a donnés le Père (cf. Jn 17,9) à venir à sa suite, ce qui oriente leur existence. Mais à certains, précisément les personnes consacrées, il demande un engagement total qui comporte l’abandon de toutes choses (cf. Mt 19,27) pour vivre en intimité avec lui et le suivre où qu’il aille (cf. Ap 14,4).

Dans le regard de Jésus (cf. Mc 10,21), « image du Dieu invisible » (Col 1,15), resplendissement de la gloire du Père (cf. He 1,3), se lit la profondeur d’un amour éternel et infini qui atteint les racines de l’être. La personne qui se laisse saisir ne peut que tout abandonner et le suivre (cf. Mc 1,16-20; 2,14; 10,21.28). Comme Paul, elle considère tout le reste comme « désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus » devant qui elle n’hésite pas à regarder tout « comme des déchets, afin de gagner le Christ » (Ph 3,8). Elle aspire à s’identifier à lui, en ayant les mêmes sentiments et la même forme de vie. Cette façon de tout abandonner et de suivre le Seigneur (cf. Lc 18,28) constitue un programme valable pour toutes les personnes qui sont appelées et pour tous les temps. VC18

Le monde et l’Église cherchent d’authentiques témoins du Christ. Et la vie consacrée est un don que Dieu fait pour que l’« unique nécessaire » (cf. Lc 10,42) soit mis sous les yeux de tous. Dans l’Église et dans le monde, la vie consacrée a spécialement pour mission de rendre témoignage au Christ par la vie, par les œuvres et par la parole. Vous savez en qui vous avez mis votre foi (cf. 2 Tm 1,12): donnez-lui tout! N’oubliez jamais que vous, tout particulièrement, vous pouvez et vous devez dire non seulement que vous êtes du Christ, mais que vous « êtes devenus le Christ ». VC 109

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Témoignage de vie

L’Evangile doit être proclamé d’abord par un témoignage. Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles : Pourquoi sont-ils ainsi ? Pourquoi vivent-ils de la sorte ? Qu’est-ce — ou qui est-ce — qui les inspire ? Pourquoi sont-ils au milieu de nous ? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle… des questions surgiront, plus profondes et plus engageantes, provoquées par ce témoignage qui comporte présence, participation, solidarité, et qui est un élément essentiel, dans l’évangélisation.

… il est bon de souligner ceci : pour l’Eglise, le témoignage d’une vie authentiquement chrétienne, livrée à Dieu dans une communion que rien ne doit interrompre mais également donnée au prochain avec un zèle sans limite, est le premier moyen d’évangélisation “L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ».

8 décembre 1975, EVANGELII NUNTIANDI nos 20, 41

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