Publié par : PM | février 3, 2009

LE COMBAT DE L’APÔTRE


Saint Paul

Le combat de l’apôtre, c’est d’abord le combat de l’immolation avec le Christ. Grand combat où l’apôtre doit chaque jour « perdre sa vie » pour sauver celle de ses frères » 1 Co 15,31.  Nous savons que dans le combat de la prière, quelle « dure bataille » Col 2,1 il a menée continuellement. L’apôtre Paul envoyé à tous les hommes pour leur salut, et responsable devant Dieu, de ce salut de ses frères, il faut qu’il remplisse sa mission.  Annoncer Jésus Christ, c’est bien le tout du combat de l’Apôtre, ce combat qui n’obtient « la victoire » 1 Co 15,57 que par l’imitation de Jésus par la communion à sa Croix et à sa prière rédemptrices.

En ce combat comme dans tous les autres, Paul se montre un « athlète » 1 Co 9 ,25-26, un « champion » 2 Tm 4,7 et un « entraîneur »  2 Tim  4,1-5 de première valeur.  Laissons-nous donc entraîner par lui;  « Montrez-vous mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ » 1 Co 11,1. Mais retenons bien ces derniers mots qui dominent l’engagement missionnaire de Paul : la route sur laquelle il nous entraîne, c’est la route même du Christ Sauveur.  Ce n’est pas la fougue de son tempérament qui emporte Paul… c’est « l’énergie du Christ qui agit en moi avec puissance » Col 1,29.  Ce n’est pas l’attrait de l’aventure mais c’est l’attrait de Jésus Christ : «… il s’est anéanti, prenant condition d’esclave… et jusqu’a la mort de la croix. » Ph 2,5-8 ce n’est pas le goût de l’action mais l’amour du Christ pour ses frères : « Car l’amour de Dieu nous presse, à la pensée qu’il est mort pour tous » 2 Co 5,14.

(Extraits de J. Huguet – Unité de la vie spirituelle

et de la vie apostolique d’après saint Paul).

Marie Rivier

« Je dois vivre de la vie même de Jésus Christ, de sorte que la vie de Jésus Christ doit paraître dans toute ma conduite et même dans ma chair mortelle » (VJC t.3  p.355).  Notre vie consacrée apostolique est une marche vers la sainteté, un élan qui nous porte toujours en avant. Pour Paul et Marie Rivier, qui se plaisent à comparer le chrétien au coureur du stade, le progrès spirituel se fait dans un combat, une lutte qui n’est jamais terminée. Mort au péché, le baptisé doit sans cesse mourir au vieil homme. C’est le rôle de l’ascèse d’achever cette mort par la mortification. Le fruit du combat, c’est la vie en Dieu.

Imiter le Christ, vivre de sa vie, ne vont pas sans la nécessaire mort à soi, sans l’ascèse, sans le consentement à perdre sa vie, pour vivre unie à Dieu dans la charité. Marie Rivier engage ses sœurs à entrer avec une ferme espérance dans ce combat, non à cause, comme on a pu le dire, de ses failles psychologiques, mais en raison de ce désir fort qui brûle en son cœur : faire de sa vie une offrande d’amour. Je dois être conforme à Jésus Christ,  je dois enfin vivre de la vie même de Jésus Christ. (VJC t. 3, p.355). Entée sur Jésus Christ, la femme-Apôtre n’hésite pas malgré les difficultés, malgré les contradictions, les situations jugées impossibles, à se lancer dans sa mission : Faire connaître et aimer Jésus Christ.

Extrait de : La Femme-Apôtre

Dans le sillage de Saint Paul

Avançons au large,

les yeux fixés sur Jésus Christ

Quand Jésus est là dans une vie, quand on prend au sérieux sa Parole, tout change, tout devient possible. « Hors de moi, disait Jésus, vous ne pouvez rien faire. » On pressent ici une des exigences essentielles de la mission: on ne peut être apôtres, témoins, que si nous sommes des amis de Jésus, des hommes et des femmes de prière, bien plus des êtres qui consentent à mettre leurs pas dans les pas de Jésus.

Que l’apôtre soit d’abord un homme de prière, saisi par le Christ, c’est une attente très profonde de notre temps. Les hommes de notre époque, disait le pape Jean-Paul II, demandent aux croyants non seulement de leur parler du Christ, de l’Évangile, mais, en un sens, de le leur « faire voir ». Notre témoignage serait appauvri si nous ne commencions pas d’abord nous-mêmes à contempler le visage du Christ afin de le connaître, de l’aimer, de vivre de sa vie afin de transformer de l’intérieur l’histoire qui nous est confiée. « Laissant tout, ils le suivirent »: c’est le secret des vraies fécondités. L’important, dans nos existences, c’est de consentir peu à peu à nous désencombrer, voire à nous détacher de beaucoup de choses, à commencer par nous-mêmes, pour suivre Jésus, mettre nos pas dans les siens, en lui redonnant le « oui » de notre amour, à travers l’aventure et les aléas de nos existences.

Appelés à être apôtres là où Dieu nous veut et nous aime, n’ayons pas honte de connaître la faiblesse, le découragement voire le doute, comme tant de nos contemporains. Nous sommes tous pécheurs, fragiles. À ces heures-là, appuyons-nous, pauvrement, sur la foi des frères, des sœurs. Aux heures de nuit, osons redire notre Credo, fût-ce du bout des lèvres!

Mais n’ayons pas peur, laissons derrière nous nos soupçons et nos doutes. Avançons au large, courons l’aventure qui nous est proposée, environnés d’une si grande nuée de témoins, les yeux et le cœur fixés sur Jésus-Christ. Il est à jamais vivant et nous achemine, en dépit de tout, vers le triomphe de l’amour et de la vie.

Fr. Pierre Hugo, o.p

Esprit et Vie  janvier 2007 no 163Esper

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